Inclus incluse : la règle simple pour ne plus jamais hésiter

On rédige un devis, un contrat ou un simple e-mail, et le doute surgit : faut-il écrire « la TVA est incluse » ou « la TVA est inclue » ? Cette hésitation revient parce que la plupart des verbes du troisième groupe en -ure forment leur participe passé en -u (vendu, perçu, conclu). Le verbe inclure fait exception. Le participe passé d’inclure s’écrit toujours inclus au masculin et incluse au féminin, avec un -s présent dans toutes les formes.

Pourquoi inclure ne suit pas le modèle de conclure

Quand on tape un devis et qu’on hésite entre « inclue » et « incluse », le réflexe naturel est de raisonner par analogie avec conclure (conclu, conclue) ou exclure (exclu, exclue). Le problème, c’est qu’inclure ne se conjugue pas sur le même patron.

Conclure et exclure donnent un participe passé en -u/-ue parce que leur radical reste stable. Inclure, lui, produit un participe passé en -us/-use. La forme « inclu » sans -s n’existe pas en français. Et « inclue » non plus.

En pratique, on retient une règle simple : si le mot vient d’inclure, il porte toujours un -s. Masculin singulier : inclus. Féminin singulier : incluse. Masculin pluriel : inclus. Féminin pluriel : incluses. Aucune exception.

Homme analysant un document imprimé en français dans un espace de coworking moderne, illustrant la vérification des accords grammaticaux des participes passés comme inclus et incluse

Accord d’inclus et incluse dans une phrase courante

La difficulté ne s’arrête pas à la terminaison. On hésite aussi sur l’accord, notamment quand inclus est employé comme adjectif ou comme participe passé avec l’auxiliaire avoir.

Avec l’auxiliaire être ou en position d’adjectif

L’accord se fait avec le sujet ou le nom qualifié. C’est le cas le plus fréquent dans les documents professionnels :

  • La livraison est incluse dans le prix affiché (féminin singulier, accord avec « livraison »).
  • Les frais de dossier sont inclus dans le montant total (masculin pluriel, accord avec « frais »).
  • Toutes les taxes sont incluses (féminin pluriel, accord avec « taxes »).

Aucune de ces phrases ne pose de problème une fois qu’on a intégré la règle du -s systématique.

Avec l’auxiliaire avoir

Comme pour tout participe passé conjugué avec avoir, l’accord dépend du complément d’objet direct placé avant le verbe. On écrit « la clause que nous avons incluse » parce que « clause » (féminin) précède le participe. Si le COD est après, pas d’accord : « nous avons inclus une clause ».

Ce mécanisme est strictement identique à celui de « la lettre que j’ai écrite ». La seule particularité d’inclure, c’est cette terminaison en -us/-use au lieu du -u/-ue qu’on attendrait.

Le cas particulier de ci-inclus en début de phrase

On croise souvent « ci-inclus » dans les courriers administratifs et les e-mails professionnels. Son accord obéit à une logique de position dans la phrase qui piège beaucoup de rédacteurs.

Quand ci-inclus est placé en tête de phrase ou devant un nom sans déterminant, il reste invariable. On écrit « Ci-inclus la facture du mois » sans accorder, parce que ci-inclus fonctionne alors comme un adverbe.

En revanche, quand ci-inclus est placé après le nom ou à l’intérieur de la phrase avec un déterminant, il s’accorde normalement : « Vous trouverez la facture ci-incluse. » Le féminin s’applique parce que l’adjectif se rapporte à « facture ».

Deux repères pour ne pas se tromper :

  • Ci-inclus en début de phrase ou avant un nom sans article : invariable (« Ci-inclus les documents demandés »).
  • Ci-inclus après le nom ou dans le corps de la phrase avec déterminant : accord normal (« les pièces ci-incluses », « la note ci-incluse »).
  • En cas de doute, reformuler avec « vous trouverez en pièce jointe » élimine le problème.

Inclus ou incluse : un test rapide pour ne plus hésiter

Quand le doute survient en pleine rédaction, on peut appliquer un remplacement mental. Il suffit de substituer inclure par le verbe mettre, dont le participe passé (mis, mise) ne prête à aucune confusion.

« La garantie est incluse » devient « La garantie est mise ». On entend le féminin, on confirme l’accord. « Le dessert est inclus » devient « Le dessert est mis ». Le masculin passe sans problème.

Ce test fonctionne aussi pour détecter la fausse forme « inclue ». Si on remplace par « mise », on voit immédiatement qu’écrire « la garantie est inclue » reviendrait à écrire « la garantie est mie », ce qui n’a aucun sens.

Les trois erreurs les plus fréquentes à corriger

La première est « inclu » sans -s au masculin, calqué sur « conclu ». La deuxième est « inclue » au féminin, calqué sur « conclue ». La troisième est l’invariabilité de ci-inclus dans une position où il devrait s’accorder (« la copie ci-inclus » au lieu de « la copie ci-incluse »).

La forme « inclue » n’est acceptée par aucun dictionnaire de référence. Ni le Petit Robert ni le Larousse ne la reconnaissent. En contexte professionnel, l’utiliser constitue une faute d’orthographe visible.

Depuis quelques années, les guides de rédaction en ligne insistent davantage sur la cohérence graphique du -s dans toutes les formes d’inclus, y compris quand le mot est utilisé comme simple adjectif. Cette convergence facilite la mémorisation : inclus garde son -s dans tous les cas, sans exception. Le seul effort à fournir concerne l’accord en genre et en nombre, qui suit les règles habituelles du participe passé français.

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